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La prise en charge de la Bronco-Pneumopathie Chronique Obstructive

Le 19 novembre sera la journée mondiale contre les BPCO.
C’est l’occasion pour le Docteur Stéphane Ribadeau-Dumas, pneumologue et responsable de l’Unité de Réhabilitation Cardio-Respiratoire de la Fondation Hopale de revenir sur l’importance de la prévention de cette affection grave, qui touche 5 à 10% de la population française.

En tant que plus gros centre de réhabilitation cardio-respiratoire de la région, l’unité dispose de nombreux équipements, dispositifs et professionnels, pour une prise en charge complète de ses patients.

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A quoi est due cette maladie ?

Elle est essentiellement liée au tabac (80%). Son diagnostic est simple : le patient souffre d’une toux chronique et productive, trois mois par an, depuis au moins deux années consécutives. Cette maladie est chronique et lentement progressive. Elle est caractérisée par une diminution non complètement réversible des débits. Elle est liée à une réaction inflammatoire anormale des bronches, en réponse à l’inhalation d’un toxique, le tabac.

Il faut savoir que la BPCO est nettement sous-estimée et sous-diagnostiquée : 50 à 75 % des personnes atteintes ne se savent pas malades. Pourtant, plus tôt elle est prise en charge, moins le risque d’évolution vers l’insuffisance respiratoire et l’impact sur la qualité de vie apparaîtront.

Il y a 4 stades dans l’évolution de la maladie : moyen, modéré, sévère, très sévère. Les deux premiers sont réversibles tandis que les deux suivants sont signes d’une réelle insuffisance respiratoire. Le diagnostic devrait être réalisé au stage 1 (modéré) alors qu’il est généralement réalisé au stade 3 (sévère) !

Que faire quand on a ces symptômes ?

Si le patient tousse, a des bronchites fréquentes, est essoufflé rapidement, même s’il pense que c’est normal parce qu’il fume ou qu’il ne fait pas de sport, alors il devra consulter son médecin traitant.

Avec un appareil de dépistage, et en posant quelques questions simples (est-ce que vous fumez, est-ce que vous toussez, est-ce que vous crachez ?) le médecin jugera de la nécessité de rencontrer un pneumologue ou non.

Quel sera le traitement après la consultation chez le pneumologue ?

Si la BPCO est diagnostiquée, il faudra arrêter de fumer. L’évaluation du stade d’évolution de la maladie sera effectuée par la pratique d’épreuves fonctionnelles respiratoires. Selon la situation, le pneumologue pourra compléter les explorations par un scanner, une gazométrie, une épreuve d’effort cardio-respiratoire et métabolique avec mesure de la VO2max ou une fibroscopie bronchique. Un stage de réhabilitation respiratoire peut aussi être proposé selon le stade de la maladie.

Par ailleurs, il est important de transformer le cercle vicieux que produit la maladie : l’essoufflement produit une diminution de l’activité physique quotidienne (marche). Cette baisse d’activité conduit à une perte des capacités musculaires qui elles-mêmes engendrent une diminution de la tolérance à l’exercice. Finalement, le patient n’est plus essoufflé à cause de la maladie mais parce que ses muscles ne fonctionnent plus. Il faut donc inciter le patient à reprendre l’exercice.