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La Fondation Hopale propose un programme de réadaptation à l’effort pour les patients post-covid

La Fondation Hopale propose un programme de réadaptation à l’effort pour les patients post-covid

09/10/2020

La crise sanitaire que nous traversons actuellement est une période difficile. Les personnes ayant été contaminées par le virus COVID-19 décrivent cette épidémie comme un événement traumatisant pour le corps et l’esprit. Pour celles et ceux ayant contracté la forme aigüe, il est souvent difficile de retrouver rapidement toutes leurs capacités physiques. Le moral, lui, est également affecté.

« Les besoins de réadaptation de la plupart des patients COVID sont liés au réentrainement à l’effort, à la réadaptation respiratoire, au renforcement musculaire global, à la ré-autonomisation dans les activités de la vie quotidienne, au traitement des désordres psychomoteurs, au traitement d’éventuelles complications, à la mise en place d’un programme d’éducation thérapeutique adapté, à la rééducation des troubles perceptivo-moteurs, au suivi nutritionnel, et au soutien psychologique », détaille l’HAS (Haute Autorité de Santé) dans ses écrits du 4 juin 2020, Réponses rapides dans le cadre du COVID-1 - Parcours de réadaptation du patient COVID+ à la sortie de réanimation et/ou de MCO, en SSR puis à domicile.

Une prise en charge personnalisée

« A la faculté de médecine, personne n’a appris ni à soigner, ni à rééduquer un patient COVID. Pourtant, avec un peu de recul, on est aujourd’hui capable d’affirmer que certains patients touchés par ce virus ont besoin d’un accompagnement. Avec les confrères du service de réhabilitation respiratoire de Calot, nous avons mis en place un programme de réadaptation à l’effort. Après une première consultation, nous proposons une prise en charge personnalisée en fonctions des incapacités du patient. Nous avons la chance d’avoir des équipes pluridisciplinaires (kinésithérapeutes, éducateurs sportifs, neuro-psychologues, diététicienne, ostéopathe…) et des équipements de pointe nous permettant de réparer le traumatisme subi par ces personnes », explique le Docteur Hélène Courtot, médecin MPR et responsable de l’hôpital de jour au centre de rééducation Calvé.

« Je connaissais la réputation des établissements de la Fondation Hopale »

« 11kg en moins, de gros troubles de l’équilibre, une excitabilité et une impulsivité que je n’avais pas avant, une fatigue psychologique… on peut même parler de syndrome dépressif », décrit Pascal Gardin, 67 ans. Le constat est rude. Pourtant, c’est bien « l’état post-covid » dans lequel se trouvait ce sexagénaire originaire de Cambrai. « Je savais qu’il fallait que je fasse de la rééducation. Je ne pouvais pas faire un mètre sans tituber. Je connaissais la réputation des établissements de la Fondation Hopale, alors j’ai postulé ».

Pascal contracte le virus en avril 2020. « J’ai rapidement eu les symptômes : tremblements, état grippal, j’étais extrêmement fatigué, je n’avais plus la force de tousser et la fièvre me faisait délirer. J’étais inconscient de mon état et refusais d’aller à l’hôpital. Mon épouse m’a tout de même fait admettre en pneumologie et j’y suis resté 9 jours. D’ailleurs, je me souviens encore des mots de l’ambulancier qui m’y a déposé ! Il m’a dit : si vous sortez, il vous faudra un bon de transport. Comme si j’avais peu de chances d’en réchapper ! », raconte cet ancien médecin, encore éprouvé.

Abattu, très affaibli, Pascal refuse de s’alimenter… mais une visite va tout changer. « Je n’avais aucune force et qu’une seule envie : rester couché. La COVID est quand même la seule maladie que je connaisse, à part les maladies psychiatriques, où l’on peut mourir d’asphyxie sans s’en rendre compte… Je me laissais pratiquement mourir. Dans un élan de lucidité, un jour j’ai eu ma fille au téléphone. Elle travaillait à New York et ne savait pas que j’étais hospitalisé. Lorsqu’elle a su, elle a sauté dans le premier avion. A partir de cet instant, j’ai remangé et j’allais mieux. »

« Ce n’est pas parce que vous sortez de l’unité COVID que vous êtes guéri »

Après son hospitalisation, Pascal est rentré chez lui. Malgré le soutien de ses proches, il n’est plus le même. Ce médecin à la retraite très dynamique avait décidé de tuer l’ennui et de retravailler. « J’avais repris un mi-temps dans un EHPAD en tant que médecin coordonnateur. Avec l’arrivée de la pandémie, je travaillais à temps plein et je m’étais fixé comme objectif de n’avoir aucun décès dans la structure. Six soignants et huit résidents ont été touchés mais pas de décès », énumère le Cambrésien. Si ses collègues et résidents s’en sont sortis, l’un de ses confrères n’a pas eu cette chance. « J’ai perdu un confrère, et un autre est allé en réanimation. A l’heure où je vous parle, il marche toujours avec un déambulateur… Ce n’est pas parce que vous sortez de l’unité COVID que vous êtes guéri ! ».

Pascal, encore marqué, se réjouit cependant d’avoir pu bénéficier de cette prise en charge à la Fondation Hopale : « J’ai très vite senti la différence. Après 20 séances dans le service de réhabilitation respiratoire du Dr Ribadeau, j’arrive maintenant à la fin de mes 15 séances de renforcement musculaire dans le service du Dr Courtot. Je suis de moins en moins essoufflé, j’arrive à suivre ma femme lorsqu’on se promène, je me sens plus fort et je n’ai plus de troubles de l’équilibre. J’ai fait de la kiné, j’ai profité du gymnase et de la balnéothérapie et j’ai récupéré une excellente autonomie ! »

Cette amélioration des performances, c’est l’objectif principal de ce programme sur-mesure. « Il s’agit d’une prise en charge globale sur le plan respiratoire et musculaire. Ces patients arrivent chez nous avec deux problèmes majeurs : une restriction de l’élasticité pulmonaire et une fatigabilité respiratoire. Ils sont très essoufflés et donc arrêtent leur effort dès qu’ils sentent qu’ils ne sont plus capables de poursuivre. Le risque, c’est de rentrer dans une spirale infernale. Moins ils en font, plus ils seront essoufflés. Notre rôle est donc de leur redonner de l’endurance », détaille Stéphane Ribadeau-Dumas, responsable du service de réhabilitation respiratoire au sein de l’Institut Calot.

Au-delà de cette récupération sur le plan physique, Pascal a repris confiance en lui et s’autorise désormais à réfléchir à de nouveaux projets. « J’avais perdu confiance en moi mais le bilan neuro-psy m’a rassuré. Je vais profiter de ma maison et faire les travaux d’entretien que j’avais laissé de côté. Ce type de prise en charge est encore méconnu du grand public. Pourtant, je le recommande à toutes les personnes qui ont vécu ce que j’ai vécu. »

Pour plus d'infos sur ce type de prise en charge : 03 21 89 33 71. Si vous souhaitez une prise de rendez-vous : 03 21 89 20 20