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Stéphane Bouilland : à la découverte des serious game

Stéphane Bouilland

Stéphane Bouilland est ingénieur Recherche & Développement. 

Embauché en 1996 à la suite d’un doctorat bio-mécanique sur l’analyse du mouvement, il débute à la Fondation Hopale avec la gestion du tout nouveau Laboratoire du Mouvement. 

S’ajoutent, au fil du temps, des projets de Recherche & Développement, essentiellement en rééducation. 

Ainsi naissent les Serious Game, ces jeux virtuels à visée ludique et thérapeutique, que la Fondation produit et développe.

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Comment naissent les projets en Recherche & Développement comme les Serious Game ?

Les professionnels de santé qui côtoient les patients au quotidien ont parfois des idées qui seraient en mesure d’améliorer et d’optimiser la rééducation des patients.

Dans ce cas, mon rôle est de faire émerger ces idées afin qu’elles se transforment en projet. Si le projet est réalisable, je vais chercher des partenaires, des financements, puis je participe à son élaboration et à son suivi.

Pourquoi avoir développé des Serious Game ?

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Nous avons remarqué que de plus en plus de patients sont sensibles aux nouvelles technologies, qu’ils utilisent quotidiennement.

De plus, les Serious Game ont un réel intérêt en matière de rééducation. En plus de l’aspect ludique, ces jeux ont l’avantage de collecter les données sous forme de scores, en apportant ainsi la preuve médicale tangible d’efficacité du programme tant aux patients qu’aux professionnels.

A quoi ressemble un Serious Game ?

Sur le plan matériel, le jeu est configuré sur une grande télévision, et il nécessite une Kinect, qui permettra au patient de contrôler le jeu sans utiliser de manette.

Sur le plan logiciel, nous utilisons le moteur de jeux en environnement virtuel  Unity 3D.

Comment fonctionne le jeu sur le plan rééducatif ?

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Chacun des 6 jeux que nous avons conçus possède à la fois un volet pour le travail moteur et un volet pour le travail cognitif.

Les exercices sont conçus de façon à ce que le niveau de difficulté soit le plus paramétrable possible. Ceci permet de prendre en compte le niveau de handicap du patient et l’évolution de ses performances motrices et cognitives au cours de la rééducation.

Comment se déroule une séance de rééducation avec les Serious Game ?

Chaque vendredi, 3 à 4 patients viennent au Laboratoire du Mouvement, où sont installés les jeux. Ils sont accompagnés par Mathilde André, ergothérapeute, que j’ai formée à la réalité virtuelle.

Sur ce projet, je travaille principalement avec les ergothérapeutes mais aussi avec les neuropsychologues (pour la conception, le conseil…).

Pouvez-vous décrire un exemple de Serious Game ?

Dans l’application Ballons par exemple, l’utilisateur doit repousser les ballons qui arrivent vers lui. L’ergothérapeute définit les paramétrages, tels que le nombre de ballons, la taille des mains, le délai entre l’apparition de deux ballons, la vitesse des ballons etc.

Nous avons une nouvelle application en cours, dans un supermarché.  L’intérêt est de mettre les patients dans des situations de vie réelles, avec des décors représentatifs, sans les mettre en danger.

Qu’envisagez-vous par la suite ?

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Notre ambition était de disposer d’un outil suffisamment abouti pour intéresser d’autres centres de rééducation.

Récemment, nous avons ainsi formé le personnel d’une Maison d’Accueil Spécialisée en Bretagne, ainsi que du personnel de notre centre de Bailleul. Par ailleurs, nous avons des accords en cours de négociation pour commercialiser les jeux développés.
Enfin, il faut savoir que les outils rééducatifs suivent la technologie qui est en perpétuelle évolution. Aujourd’hui, grâce à la Kinect, plusieurs patients peuvent travailler leur rééducation en même temps. Nous allons aussi avoir des casques de réalité virtuelle, qui permettent de se plonger dans un univers entièrement 3D.