Newsletter

Découvrez toutes nos newsletters
x
découvrez nos newsletters

Docteur Pascal Rigaux : la spasticité

Docteur Pascal Rigaux

Le Docteur Pascal Rigaux est médecin de Médecine Physique et de Réadaptation (MPR) au département rééducation neurologique du Centre J. Calvé. Il réalise des consultations multidisciplinaires pour la Sclérose en Plaques, mais également des consultations spécifiques sur la spasticité (ou raideur des membres). La spasticité est une conséquence fréquente de la SEP. Il revient sur l’explication de cette prise en charge.

Quel a été votre parcours professionnel ?

Je suis médecin en Médecine Physique et de Réadaptation depuis 1991. Après avoir exercé au sein du département des blessés crâniens du Centre Hélio-Marin jusqu’en 2013, je poursuis actuellement mon activité clinique au centre J. Calvé où je suis le responsable médical du département de rééducation neurologique depuis janvier 2015.

Vous traitez de nombreux symptômes associés à la Sclérose en Plaques, mais plus particulièrement la spasticité. Que désigne celle-ci ?

La spasticité est caractérisée par une raideur musculaire. Celle-ci peut avoir pour conséquence des difficultés à mobiliser activement ou passivement certaines articulations et conduire à un enraidissement de celles-ci. Elle peut également être à l’origine de douleurs et de difficultés lors de la marche ou de la réalisation des soins d’hygiène. On retrouve ces troubles chez un grand nombre de patients atteints de SEP.

Ces troubles sont pris en charge selon la combinaison de deux thérapies ?

En effet, au niveau thérapeutique, les équipes prennent en charge les patients à travers différents biais. Le premier est la prescription de bains froids en balnéothérapie, suivit de séances de kinésithérapie. Les bains consistent à descendre la température de l’eau, de 14°C jusqu’à parfois 8°C. Cela permet d’atténuer la raideur des membres durant plusieurs heures.

Nous mettons ensuite à profit cette amélioration pour réaliser des séances de kinésithérapie juste après la balnéothérapie. Il est en effet très important et plus simple d’étirer les muscles quand ils sont moins raides.

Dans l’arsenal thérapeutique, on retrouve aussi les injections de toxines botuliques, qui sont injectées dans les muscles spastiques pour atténuer les raideurs.

Les injections ne sont toutefois pas dissociables de la rééducation. Et c’est une chance à la Fondation Hopale que nous ayons la possibilité de prendre en charge à la fois les séances de bains froids suivis de séances de kiné, et les injections botuliques. C’est d’ailleurs souvent par la combinaison de ces thérapies que nous obtenons les meilleurs résultats chez les patients atteints de spasticité.

Vous évoquez également la pompe à Baclofène ?

Pour certains patients très gênés par la spasticité, nous avons en effet la possibilité de leur proposer l’implantation d’une pompe à Baclofène, pour réduire la raideur des membres inférieurs. Des tests sont d’abord réalisés dans nos services, et si les résultats sont concluants, la pompe est posée par voie chirurgicale (opération réalisée à l’Institut Calot). Le procédé permettra ainsi d’administrer en continu du Baclofène, médicament anti-spastique, dans le liquide céphalo-rachidien qui entoure la moelle épinière. Ce traitement est réservé aux situations où la spasticité est diffuse et rebelle aux autres thérapies.